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Un doigt dans l'engrenage – Carter ANDERSON
le Dim 11 Sep - 7:45
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Un doigt dans l'engrenage

Des bras s'agitent sous ses yeux. D'un geste, elle retire le casque de protection et tend l'oreille pour distinguer la voix de son collègue à travers le brouhaha de la salle des machines. Travailler sous terre, au milieu du bruit, de l'odeur de graisse et de brûlé des moteurs qui tournent à toute allure, c'est épuisant et Brandi ne rêve que de poser sa tête sur l'oreiller, plongée dans un sommeil sans rêve, justement. C'est l'avantage au fait de ne pas compter les heures et de glisser ses mains dans le cambouis jusqu'à ce que la corde rompe : on ne rêve pas, pas plus qu'on ne pense. Et actuellement, avoir l'esprit vide est une planche – certes vermoulue et prête à céder – de salut bienvenue. Épuisée, un peu déboussolée d'avoir été dérangée pendant sa tâche, elle passe l'avant-bras sur son front transpirant.

« Dee, tu pourrais aller rappeler le couvre-feu aux souris blanches ? Ça fait six mois qu'on se tue à faire des économies partout pendant qu'ils se permettent de brûler la chandelle par les deux bouts. »

La demande est suivie d'un double majeur parfaitement exécuté. Les deux doigts dépliés sur chacune de ses mains symbolisent parfaitement ce que ressent Brandi à l'instant : fiche-moi la paix, ferme ta gueule, casse-toi, plutôt crever. Les souris blanches, ce sont les laborantins, tout ce personnel qui a l'air si important à la survie de l'humanité, qui s'occupe si bien des combinaisons de l'Outsider modèle, qui va sûrement trouver la réponse à tout. La réponse de Brandi, elle, se déchiffre facilement ; elle représente le ras-le-bol des mécanos, ceux qui ont les tympans bousillés, qui se sont habitués à la température exécrable du sous-sol sans climatisation, aux odeurs nauséabondes, qui ont le sentiment de faire bien plus que la façon dont ils sont traités le fait deviner.

Sans ces mains abîmées plongeant au cœur des engrenages rouillés, pas d'électricité, pas d'eau chaude, pas d'oxygène. Pas de vie. Sans ces mains, plus personne à sauver. Sans en être assez remerciés, ces personnes engoncées dans des combinaisons de travail sont à l'avant-poste de ce qu'il reste à protéger : l'humanité. Celle que contient le bunker A, en tout cas. Sans ces ouvriers las, pas de survie, pas d'organisation à diriger, pas d'espoir. Et Brandi en a assez. Assez qu'on se moque des conseils, des recommandations. L'économie n'est pas un devoir, c'est une nécessité. Et les règles ne sont décidément pas respectées par tous, ici.

« Wren, tu me ranges ces doigts et tu agites ton petit cul de l'autre côté du couloir. Immédiatement

— Tu fais chier, sérieux. »


Elle se retient d'ajouter un « pourquoi c'est toujours moi » de tête à claques. Mais vraiment, elle ne comprend pas. Elle aurait été la dernière personne à envoyer si elle avait eu le choix. Premièrement, c'est une fille, et elle sait bien que les souris blanches ne l'écouteront même pas d'une oreille. Deuxièmement, elle n'est pas douée avec les mots, et il y a peu de chance qu'elle arrive à être aimable et diplomate. Non, ça ne sert à rien. D'un pas lourd, elle dépose le casque anti-bruit dans le casier qui lui a été attribué. Avec un soufflement bruyant, elle relève les manches de sa combinaison qui avait été bleue autrefois, sûrement.

« Ça marchera pas les gars », lance-t-elle dans le vide, sa voix rendue inaudible par le vacarme omniprésent.

◄•►

Je ne sais pas à quoi je pensais. J'aurais du refuser catégoriquement. Proposer ma ration à quelqu'un en échange, magouiller un service, une faveur ; prendre un shift même s'il le fallait. Tout ce qui allait m'arriver, c'était de me faire ridiculiser par une bande de binoclards, me faire traiter comme une enfant qui ne comprend rien, trop bête pour capter quoi que ce soit. À la place, je me retrouve en bleu de travail, puant la sueur à des kilomètres, du cambouis partout sur le visage, les mains noircies par mes heures de travail. La journée est bientôt finie, j'avais prévu de prendre une douche. Je me sens tellement concernée par les problèmes de fioul que je m'empêche d'en prendre une tous les jours. Pour passer mes heures en bas, là où tout est sale et  où rien ne sent jamais le propre, je n'en ai cure.

Et au lieu de finir ma journée comme je l'ai commencée, sans histoire, je vais devoir me prendre la tête avec des intellos à gros ego.

Il y en a un, là, qui s'apprête à franchir la porte du laboratoire. Je me rue sur lui, et l'attrape par l'épaule. Il est grand, très grand. J'arrive à peine à son épaule alors que la plupart du temps, je n'ai à lever les yeux sur personne. J'essaie de prendre mon air le plus convaincant, le plus « on ne me la fait pas à moi », inspire un grand coup et :

« Le couvre-feu est dans une heure, et le couvre-feu ça veut dire que tout ce qui n'est pas essentiel ne doit pas rester allumé ou être en état de marche. Sinon, on va finir par vous envoyer sur le terrain siphonner toutes les foutues bagnoles que vous verrez. Et à ce moment-là, ouais, on pourra faire cramer de l'essence pour le plaisir. »

D'un coup de la main brouillon, j'essaie de faire voler une mèche de mes cheveux derrière mon épaule. Peine perdue, collés entre eux par l'air empli de particules visqueuses, mes cheveux restent immobiles, figés en un mouvement bizarre. Quelle idiote !

« Capice ? » j'ajoute vivement, histoire de montrer que si je ne contrôle pas ma tignasse, je n'en contrôle pas moins le reste.
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